Journée de sensibilisation au deuil périnatal

Le 15 octobre est comme chaque année la Journée de sensibilisation au deuil périnatal.

Cette journée est là pour faire connaître la cause du deuil périnatal puisque les parents dont le coeur tutoie les étoiles sont bien trop souvent face au silence. Face à une non-reconnaissance et face à des gens qui pensent qu’un petit être qui à si peu vécu ne peut pas tant manquer.

Aujourd’hui j’ai envie de hurler tellement fort.  J’ai envie de crier au monde entier que ces petits êtres sont des êtres à part entière et qu’ils ont bien existé !

Alors….

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 Pour ces petits anges qui ont un nom et un prénom. Pour d’autres, comme mon fils qui n’a seulement eu droit qu’à un prénom. Et pour tous ces petits anges qui se sont vu refuser une identité…..

Pour vous parents qui a avez eu des condoléances à la place des félicitations. Pour vous parents qui avaient imaginé le plus beau des avenirs. Pour vous parents qui ont vu bébé se battre durant des heures et des jours durant. Pour vous parents à qui la vie a brutalement arraché ce que vous aviez de plus cher. Et pour vous parents qui avez dû prendre la plus dure des décisions, j’espère qu’avec cette date, le 15 octobre, vous arriverez à avoir un peu de consolation, à vous faire entendre et à être reconnus.

 

Je connaissais cette journée, je la partageais chaque année sur ma page facebook… Car je savais que beaucoup d’entre vous, connaissais de bien trop près cette journée. Une façon, ma façon de vous dire que je pensais à vous, que vous n’étiez pas seule.

Je connaissais cette journée… Mais putain, je ne la connaissais pas d’aussi près.

Ce 19 janvier dernier, cette sensibilisation pour laquelle j’ai adhéré les années précédentes ne m’a strictement servi à rien.

Neuf mois pour donner la vie. Neuf mois où j’ai arrêté la sienne. Et par la même occasion, d’une certaine façon la mienne et celle de mon mari.

Jamais je n’aurais cru que ça allait nous arriver. Au pire, on m’annoncerait que je devrait rester allitée, au pire. Cette idée naïve qu’après le premier trimestre c’est dans la poche ! Ces histoire de la voisine de la cousine de la factrice, ressemblaient plus à des mythes qu’à des faits vécus.

Je n’aurais jamais cru qu’un petit bébé bien formé avec ses dix petits doigts et ses dix petits orteils tétant son petit pouce, bien au chaud et protégé dans le ventre de sa maman devrait nous quitter avant même de nous rencontrer.

NOUS ALLIONS ETRE L’EXCEPTIONS, L’ESPOIR POUR D’AUTRES PARENTS, CE N’ÉTAIT PAS POSSIBLE AUTREMENT.

Notre histoire de vie nous a changés. Nous avons changé. Nous ne saurons plus jamais les mêmes.

Cette journée ne sert pas à vous sensibiliser sur le fait que peut-être^^ un jour cela peut vous arrivez. Et dans ce sens, vous aidez à vous apaiser et à rendre acceptable le fait de perdre un bébé. NON !

Elle n’atténuera pas non plus votre douleur, ce manque, ce vide immense. Elle ne vous empêchera pas, de sentir ce poids si lourd qui tombe sur vous. Elle ne vous empêchera pas non plus de vous couper la vue, l’ouïe… Tous vos sens. NON, croyez-moi sur parole, elle ne vous empêchera pas de sentir, ce qu’est vraiment avoir mal aux tripes.

La mort d’un enfant est tellement traumatisante et tellement impensable que le choc est d’autant plus fort. Le monde s’écroule. Votre monde s’écroule. Point.

PAR CONTRE, elle est là pour toi qui de près ou de loin connais des parents endeuillés. Ou qui n’en connaît pas encore, mais qui un jour sera peut-être confronté au pire qui puisse arriver. La perte d’un enfant. Elle est là pour apporter un peu de consolation, de reconnaissance… Car la maladresse est à portée de tous !

Pour notre part, nous avons été très bien entourés par nos proches. L’équipe médicale a été très présente aussi mais…

J’ai également était confrontée à des mots, des phrases qui font mal, qui blessent. Et j’espère qu’après lecture de mon billet, écrit avec larmes, tripes et amour… Qu’un jour si malheureusement, vous êtes confrontés, ou re confrontés à des parents endeuillés vous vous rappellerez de celui-ci.

 Vous êtes jeunes, vous recommencerez !

Faut arrêter d’y penser.

Je connais quelqu’un à qui s’est arrivé et elle, elle s’y est remise tout de suite.

Recommence tout de suite, ça s’apaisera.

Faut arrêter d’en parler, tu te fais du mal de ressasser.

Mais vous ne l’avez pas vraiment connu, ce n’est pas comme si il était parti* quelques mois après sa naissance.

parti* : oui, les gens n’osent pas dire le mot MORT dans ces moments-là…. Ils ont de la retenue PUTAIN !

On dit que tant que l’on n’a pas vécu, on ne peut pas comprendre. OK l’échelle de douleur est bien trop haute pour arriver à imaginer.  Et on a sûrement pas envie d’imaginer, certes.

Mais quand même.

Comment peut-on penser que l’on peut remplacer un enfant que l’on a porté ? Que l’on a espéré et accueilli au creux de nous. Que l’on a senti bouger. Que l’on à admiré devant cet écran d’échographie. Que comme toutes mamans, le palpitant a été si fort à l’écoute de son petit cœur. Que l’on a embrassé avec tout l’amour qu’une maman et un papa peuvent offrir. Que l’on a regardé si fort, si fort en priant de toutes nos forces, afin qu’il ouvre ses petits yeux et se réveille. Que l’on a serré si fort, ce berceau sans vie… Espérer ne plus jamais le lâcher. Rester-là. Prier pour que personne ne vienne vous séparez. Pour toujours.

Comment peut-on penser que l’on peut tourner la page sur son enfant ?

Comment peut-on penser que l’on peut mettre de côté cet enfant… Ce petit frère ou cette petite soeur, annoté sur le livret de famille ?

Alors arrêtez les gens, avec vos phrases qui j’espère, on un fond de bienveillance. Les soi-disant hypothétiques futures enfants, on s’en fout. Et très franchement sur le moment, dans la douleur, les enfants des autres aussi !

On ne peut pas y songer. On ne peut pas trouver à ce moment-là une once, de petits bonheurs. Intérieurement, on est sans vie.

Celui que je voulais moi, c’est celui qui ne grandira pas. C’est celui que je revois seulement en cauchemars. Et rarement en rêve. C’est celui que l’on a embrassé une dernière fois. C’est celui que l’on a bercé une dernière fois. C’est celui, à qui nous avons dit  au revoir une dernière fois… Alors, que nous lui imaginions déjà le plus beau des avenirs.

Dire, que s’il serait arrivé bien plus tard, notre peine aurait été bien pire… C’est vraiment maladroit et franchement pas très réfléchi. Nous n’avons pas besoin de ce genre de soutien. Pensez-vous nous aider à nous reconstruire, très sincèrement en disant cela ?

C’est vrai, que voir la douleur des autres n’est pas évident. Je le conçois et l’approuve… Je suis humaine aussi, vous savez. Au début, j’ai cru perdre toute humanité… Mais les mois passent et je ne laisserai pas la laideur de la vie m’enlever cela.

Penser également que ma petite fille de 3 ans et demi à l’époque, ne peut pas comprendre, ne doit pas savoir, lui cacher même… Finalement juger ce que l’on essaye de faire au mieux dans la pire des conditions.

Mais oui maman ne pleure pas, maman à fait disparaître petit frère comme ça par enchantement… Oui maman est allé faire popo à son rendez-vous et hop son ventre à dégonflé ! Petit frère ? Quel petit frère ? Tu as sans doute rêvé ou cauchemardé hein !

Traitons les aînés de débile aussi non ?

Protégeons-les, c’est certain ! Mais répondre à leurs questions avec le moins de mensonges en pensant toujours à leurs jeunes âges, oui.

Et puis, il y a aussi, les actes des personnes qui transpirent l’égoïsme. Excusez-nous les gens, si à un moment donné, vous vous êtes sentis au second plan. Mais vous voyez le premier plan… Les parents orphelins le laisseraient bien hein !

Moi, au travers de ces gens, ce que je vois c’est :

« Après tout, je suis heureuse moi, donc je ne vais pas me gâcher ça !  »

Les parents vivant la perte d’un enfant, ne veulent surtout pas de pitié, mais peut-être tout simplement du respect pour eux et leurs bébés.

Mon mari, ma fille et moi, n’avons pas perdu, une maison, un jouet, un animal ou bien un amour de toujours. Non. Nous avons perdu un enfant, un petit frère qu’on ne pourra pas réparer. Un fils, notre fils, notre bébé, notre enfant.

Alors surtout ne voulant pas déranger, parfois certains parents vivant cette situation s’éloignent, se renferment et attendent peut-être un geste bienveillant… Ne voyant rien venir, se rendent compte que, finalement l’absence n’a pas vraiment dérangé.

En parlant de lui, on ne veut pas déranger. Mais on ne veut pas oublier. On ne veut pas tourner la page. Parler de lui, c’est le faire vivre un petit peu… Juste un petit peu. Vous savez, on n’a déjà pas grand chose pour nous le rappeler. On veut juste que vous compreniez… Mais on ne veut pas l’oublier.

C’est aussi nous aider à nous reconstruire, à nous soutenir. Ce n’est pas en le minimisant que vous nous aidez.

Et puis doucement la vie, cette chienne de vie reprend son cours. Heureusement, les petits bonheurs reviennent, on réapprend à vivre, à se reconstruire. On apprend à accepter notre histoire et peut-être même avec le temps à désirer un autre enfant. Un enfant pour ce qu’il sera lui. Pas pour remplacer, pas pour combler, pas pour apaiser… Juste pour qu’encore une fois, il y est une première fois « Maman ». Redonner la vie tout simplement.

Alors oui, en le voyant comme ça, la journée de sensibilisation au deuil périnatal dans ce sens est importante et peu aider à un point qui j’espère, vous ne connaîtrez jamais.

Pensez-y sil vous plaît. Arrêter un tout petit instant votre vie, faites pause et pensez y un instant…. Juste un tout petit instant. On veut juste que vous compreniez.

J’en profite aussi, pour glisser ici quelques pensées à mon petit ange. Qui je me plais à imaginer, arriveront loin très loin….

Pour mon petit prince qui me manque tant et pour tous les petits anges près de lui, et parce que le deuil d’un enfant c’est le deuil de toute une vie.

Il n’existe pas de pieds trop petits pour ne pas laisser d’empreinte !

La maman de J

 

J’en profite également aujourd’hui pour remercier :

La magie d’internet… Vous ne vous rendez sans doute pas compte, de la force que vous m’avez donné et de l’amour en tsumani que vous m’avez offert. Vous m’êtes si précieux. Merci.

Un grand merci, à l’association Lou’Ange Deuil Périnatal et toutes ses petites mains, qui nous a aidé à laisser partir notre petit Prince avec dignité, tendresse et respect. Comment vous dire, …. Les mots ne seront pas assez fort. ❤

Et puis… Je remercie également les mamans revenus vers moi en message privé pour la demande de cet article. Je ne pensais pas y arriver.. Je pense à vous. C’est grâce à vous. Merci.

 

 

15 réflexions sur “Journée de sensibilisation au deuil périnatal

  1. ThePinkMummy dit :

    Magnifique ce post, tu as réussi à me faire pleurer! Vous avez eu beaucoup de courage! C’est une situation que je ne peux pas imaginer, mais je pense fort à toutes ces mamans, papas, frères et sœurs qui ont un jour vécu ça 😢 Courage 💖

  2. Kina dit :

    Sa m’est arriver il y a 2 ans.. Enceinte de 41 semaines mon fils m’as quitté un jour avant sa venue au monde.. On ma renvoyer chez moi avec ce petit être que j’aime plus que tout dans mon ventre et on m’as demander de revenir le lendemain pour accoucher.. 2 vies brisés et une partie de moi envoler a tout jamais…
    Il me manque tellement mon Loukas..
    Aujourd’hui je suis a nouveau enceinte de 2 mois et j’ai une grossesse a risque.. Decollement du placenta en plus de cela.. je surviverais pas une 2éme fois..
    Je te souhaite du courage et nos petits anges ne serons jamais oublier !

  3. MamanJulie dit :

    Imaginer la douleur est tout simplement impossible. Je me doute combien les « je comprends » peuvent sonner creux. Comment comprendre une telle douleur sans l’avoir vécu ? L’angoisse de vivre ce type de deuil est déjà très pénible. Un billet chargé en amour pour ce petit être qui a été et sera toujours présent dans vos cœur. Il permettra peut être à çertaines personnes de réaliser leurs maladresses, je l’espère (certaines phrases m’ont tout simplement choquée). Que chaque famille vivant ce drame soit bien entourée, de personnes présentes pour accepter leur douleur, leur colère, leur tristesse et faire vivre ces enfants partis trop tôt. Sans jamais juger, mais juste en les aimant du plus profond d’eux même. Un tendre baiser pour vous (quel courage d’avoir posé tous ces mots) et un baiser volant vers votre petit ange.

  4. Nathalie dit :

    Merci pour cet article.
    Cela fait 2 ans pour moi déjà, Je n’aurais pas pensé que ma gorge se noue aussi rapidement à la lecture de ces mots.
    J’embrasse très fort ma petite étoile qui a sa place, bien au chaud dans mon cœur, pour toujours.

  5. l'ode à la joie dit :

    Témoignage très poignant, émouvant, deux de mes frere et sœurs ont connus cette épreuves, ils sont marqués à vie.
    Je vous envoie toutes les pensées, je vous embrasse et courage

  6. Laetitia Gaudon dit :

    Je n’ai pas de mots pour exprimer ce que m’a fait ressentir cet article. Tendresse et affection pour vous et votre petit ange

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