Ce rêve perdu

Par où commencer.

J’ai tellement de choses à vous dire, tellement de choses à vous raconter, tellement de larmes ont coulé, tellement de tristesse à poser, tellement de sentiments violents, je suis tellement… Submergés. Que je ne sais pas par où commencer, comment m’exprimer, n’y même si je vais arriver à continuer ce billet et si je vais cliquer sur publier.

Alors peut-être, je vais commencer par vous souhaiter avec un peu, beaucoup de retard une bonne année les copains. Cette fois promis, je n’ai pas procrastiner.

Je vais continuer en vous écrivant MERCI pour vos mails, messages privés, commentaires. J’en prends connaissance que très récemment puisque je ne m’étais pas connecté depuis piiouuu… Aussi loin que le soleil tient ! Alors oui, merci infiniment de vôtres bienveillances, j’avais enfouis au fond de moi ce sentiment de bien-être que de vous lire et de vous écrire. À vrai dire j’ai enfouis depuis trois mois tout sentiments positif, toute émotion qui te fait te lever le matin en te disant que « Putain pourquoi ce réveil il sonne… Mais que respirer, entendre, aimer, lire, voir, c’est signe de vie ! » .

Et je vais donc continuer.

le-petit-prince-753424Ce 26 décembre dernier, je me suis rendue sourire aux lèvres, coeur palpitant, accompagné comme toujours de mon homme, à la fameuse échographie que l’on attend avec impatience. Celle qui te colle un sourire niais, celle que tout l’entourage attend avec impatiente et carte bleu prête à être dégainé. Celle qui m’apprend que j’ai le choix du roi, celle qui m’apprend que je vais apprendre à un petit garçon à devenir un homme, celle qui m’apprend que ma Crapuline va avoir un petit frère, celle qui, à ma moitié, mon double, ma force, va avoir un fils.

Celle qui ensuite… Va m’apprendre une douleur et un vide que je ne connaissais pas. Celle qui va m’amputer, celle qui va m’arracher le cœur, celle qui te fait hurler de douleur, celle qui te donne la définition avoir mal aux tripes, celle qui va nous changer à jamais.

Celle qui change ton schéma familial.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais vous écrire que nous sommes parti valise vite faites mon homme, notre fille, mon joli ventre rond et moi.

Nous avons rencontré des spécialistes, appris un nouveau langage. Celui du médical. Nous avons malgré nous, perdu toute cette insouciance qui te remplit normalement de bonheur. Nous avons prit réellement conscience que nous avions des responsabilités, des décisions de vie ou de mort à prendre alors que je regardais quelques jours avant des jolis chambre d’enfant.

S’il y avait bien des lettres assemblés que je ne pensais pas écrire ici en ouvrant ce blog, c’était bel et bien ces trois : IMG. Interruption médical de grossesse, c’est bien la première fois que je t’écris.

Je vais passer les interrogations, le choix, l’attente, la décision et ce mardi de fin janvier.

Mais je vais vous dire que j’ai deux enfants… Un miracle à l’endroit et un miracle à l’envers. Que mon petit Prince, mon étoile filante, mon fils, m’a appris que j’avais un cœur grand comme ça. Que j’avais encore de la place pour aimer un autre enfant et que je pouvais aimer encore plus fort.

Que j’ai trouvé de la force dans mon chéri et que mon moteur, c’est ma fille. Je vais vous dire que même si parfois la douleur se fait plus discrète et que j’ai goût à des moments de vie même s’ils sont amers… Que j’ai l’impression que la terre s’est arrêté de tourner depuis ce mardi de fin janvier et que ce vide dont je suis l’auteure me rend dingue à croire que je vais en crever que cela ne s’apaisera jamais.

Et puis il y a ces sentiments emmêlés que je ne connaissais pas. Ces sentiments, cette impression d’avoir perdu toute humanité lorsque je vois quelqu’un pleurer et que cela ne me fait rien. RIEN. Ce sentiment de ne pas se réjouir du bonheur des autres, la culpabilité, avoir l’impression de se prendre un parpaing de douleur en pleine tronche lorsque je vois un ventre rond, la jalousie, ne plus arriver à communiquer sincèrement avec mon entourage, se sentir incomprise, parfois. Je ne le fais pas exprès. Vraiment.

Je sais bien aujourd’hui pourquoi je souffre.

Je souffre aujourd’hui pour que lui ne souffre pas demain. Du moins, je m’en convaincs.

J’ai tant besoin de parler de lui, tant besoin de penser pleinement et uniquement qu’à lui. Tant besoin d’embrasser ce qu’il me reste de lui, ses échographies, son unique bijou qui est ce joli petit bracelet bleu de naissance donné par cette adorable sage-femme en ce mardi de fin janvier. Oui de naissance, je n’ai pas donné la vie, mais j’ai accouché comme toute femme enceinte et donné naissance à mon fils.

J’en ai besoin. C’est le seul moyen que j’ai de le garder encore un peu près de moi et d’atténuer ma douleur. Il n’est pas là, il n’est plus là, mais il existe. Ne le minimisez pas, c’est mon enfant.

« Les gens que nous avons aimés ne seront plus jamais où ils étaient, mais ils sont partout où nous sommes. » 

Alexandre Dumas

Tu me manques tant… 

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